#LRDJ – Episode 5

Les semaines se suivent et se ressemblent…

Semaine 4 : Un match difficile.
Un match difficile s’annonce pour ce 4ème match avec un déplacement dans le Sud dans les quartiers Nord de Marseille, Marseille Consolat l’équipe première et invaincue du championnat. La semaine d’entraînement se déroule normalement avec une intensité de travail importante aux entraînements le Lundi 24 Août et Mardi 25 Août.
Les semaines d’entraînements sont définies avec un début basé sur une grosse charge physique, le mercredi est consacré à de la récupération et de la mise en place tactique.
Le jeudi est une séance de vieille de match avec de la vivacité et des mises en places spécifique par rapport à l’adversaire que l’on va rencontrer. Nous partons le Jeudi après midi à Marseille, un déplacement en Train assez long avec un départ à 14h et une arrivée sur place à 20h30. Un repas nous attend au Ibis, un repas de veille de match ? Cela n’en a pas l’air avec une quiche au fromage en entrée, une blanquette de veau en repas principal et une tarte aux pommes en dessert. Bref…
Le vendredi matin est consacré à une balade d’une heure et demie sur le vieux port. Oui nous visitons Marseille, une ville un peu spéciale.
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Parlons du match , une ambiance champêtre, un stade digne d’une équipe de CFA 2, 200 spectateurs présents et une pelouse pas dans le meilleur état. Pour le scénario du match ,nous pouvons partir avec des regrets de ce déplacement. Au départ un match nul 1-1 chez le leader et dans ce contexte pas facile peut paraître être un bon résultat, mais vu la physionomie du match, nous devions partir avec les 3 points de la victoire. Une frustration nous entoure et un goût d’inachevé est présent.
Pour ma part, j’entre dans les 5 dernières minutes du match en tant que …. milieu gauche. J’essaye de faire au mieux pour m’adapter à ce nouveau poste. La rentrée aurait pu être parfaite quand à la 90ème, je cherche le « une-deux » avec Beignet, je centre au sol derrière la défense …. et Belvito reprend à 5m du but en tirant à côté. Rageant !
Semaine 5 : Un adversaire coriace …
Le match contre Luçon s’annonce le vendredi suivant. Une équipe très réputée pour jouer au ballon. Nous savons que nous devons commencer à engranger des points car nous jouons bien, nous avons beaucoup de possession et beaucoup d’occasions, mais malheureusement nous n’arrivons pas à marquer. Néanmoins avec l’adversaire coriace qui nous attend, la tâche ne sera pas facile. J’entame cette semaine dans un bon état d’esprit, mais je sens que les jambes ne répondent pas aussi bien que les semaines précédentes. Je sens peut être que mon heure viendra puisque le coach est de plus en plus sur mon dos à corriger les erreurs et surtout chercher à ce que je gomme les imperfections. Nous disons toujours qu’un coach qui est constamment sur nos basques est un coach intéressé par un joueur, j’espère que cela se vérifiera prochainement.
La semaine se déroule dans la bonne humeur et la bonne ambiance, nous sommes prêt pour le match. Le jour J est présent, les habitudes ne sont pas perdues avec les matchs à domicile, c’est-à-dire un réveil musculaire le matin du match, une collation à l’hôtel à 16h45 et un départ au stade pour 18h10. Les tribunes sont moins garnies pour cet fin d’été, tout le monde reprend le boulot petit à petit.
La composition est donnée, je suis dans le groupe des 16 joueurs en tant que remplaçant. En suivant début du match sur le banc, je remarque notre bonne entame de match avec du rythme et des occasions. Néanmoins la qualité de jeu de l’adversaire est indéniable avec une façon « Barça » dans la possession de balle. J’entame mon échauffement à la mi temps comme lors des matchs précédents. Nous sentons que le match peut basculer d’un côté comme de l’autre avec des occasions franches de part et d’autre. Le chrono tourne et je continue toujours mon échauffement, vu la physionomie du match, il sera difficile de faire entrer un défenseur, j’en prend conscience encore plus lorsqu’à la 80ème nous sommes surpris par un magnifique but. Une reprise de volée des 20m suite à un renvoi d’un corner en pleine lucarne.
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Je suis la fin du match plutôt en tant que supporter pour encourager notre équipe à marquer. Nous poussons avec des occasions à la pelle lors des 10 dernières minutes, mais nous n’arriverons pas à revenir. Score final, première défaite 1-0.
Le vestiaire est silencieux et les joueurs abattus, une logique vu notre bonne performance malgré la défaite. Vu que je ne suis pas rentré, je vais aller jouer en réserve le dimanche à Oberlauterbach.
Mon premier match entier me fait énormément de bien aux jambes et dans la tête, je ne comprends que la semaine d’après que cela portera bon présage. J’essaye d’apporter ma petite expérience du niveau d’au-dessus aux très jeunes joueurs de l’équipe ( je suis le 3ème plus ancien). Réalisant un bon match, malgré une défaite 1-0 à nouveau, je rentre satisfait de ma performance en ayant joué 90 min.
Un week end difficile d’un point de vue des résultats.
Semaine 6 : La première titularisation
Après les mauvais résultats du week-end, la semaine commence difficilement. Surtout après une semaine entière de football avec un match le samedi ( le match de Luçon était exceptionnellement le samedi suite au match international du vendredi), puis un match le dimanche. J’enclenche tout de suite le lundi par la reprise de l’entraînement sans jour de repos, difficile pour les jambes et la tête.
Lors de cet entraînement, j’apprends par le préparateur athlétique que je dois me tenir prêt pour vendredi, je risque sûrement de débuter. Ma première titularisation en National risque d’arriver. Les oppositions du mardi et mercredi, ainsi que des discussions avec le coach confirme la tendance, je serai bel et bien titulaire pour le match à Avranches. Une première à l’extérieur. Ma famille est heureuse pour moi, mais déçu de ne pouvoir être présent pour vivre ce moment la. Je suis de nature plutôt zen , mais le match approchant, le stress monte fortement, serai-je au niveau pour jouer un match entier ? Les rentrées en cours de match et les titularisations sont bien différentes.
Nous gardons les habitudes avec un départ en TGV le jeudi après midi en direction d’Avranches, 8h de trajet nous attende. Le jour J est là, la tension monte encore plus lorsque le coach dévoile l’équipe et établi un discours pour nous remettre dans le droit chemin après la défaite contre Luçon. De plus, le match nous opposera à l’ancien coach de cette équipe, Damien OTT, un esprit de revanche résidera sur ce match.
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L’arrivé au stade est spéciale, un stade assez petit avec une piste d’athlétisme autour, une capacité n’excédant par 1500 personnes. Des vestiaires situés dans un gymnase, une ambiance champêtre. Pour la première fois de la saison, la pelouse est haute et n’est pas arrosée, peut être pour essayer de déstabiliser notre jeu de possession.
Le match commence, les première interventions sont positives et dans le bon tempo, je prends de plus en plus de confiance dans le jeu et les coéquipiers me donnent confiance avec leur parole. J’essaye de faire abstraction du contexte et je suis concentré dans mon match. Le rythme n’a rien à voir avec les matchs que j’ai connu auparavant, nous sentons la pression sur le moindre ballon touché, et non le national n’est pas le même championnat des tribunes et sur le terrain ! J’effectue énormément de course, je me sens très bien physiquement, et j’effectue une très bonne première période autant défensivement qu’offensivement.
La mi-temps permet de reprendre des forces, et il en faudra pour la 2ème mi temps. Le match reprend et les minutes s’égrainent, je suis satisfait de voir que je tiens toujours le coup physiquement et que je ne connais pas de coup de fatigue pour cette première. Malheureusement, nous encaissons un but sur une action anodine, un long ballon entre Sapina et moi-même, une mauvaise communication et nous prenons le 1-0. Je me sens responsable sur ce but, il était évitable. J’espère que nous arriverons à revenir au score, nous jetons toutes nos forces dans la bataille et… nous égalisons à la 85ème sur corner grâce à Sapina. Un soulagement de ne pas repartir avec une défaite.
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90Ème minute, une dernière accélération ( une des nombreuses montées du match) et bim je prend un gros tacle au niveau de la cheville, le joueur adverse est expulsé. Je me relève difficilement de ce gros tacle, je sens que mon rythme cardiaque ne baisse pas suite à ce gros effort, je sens mon cœur battre dans ma poitrine, je le sens battre fort mais pas rapidement, environ 100 battements/minute. Je n’arrive pas à reprendre mon souffle, je décide de l’indiquer à l’arbitre, le soigneur ainsi qu’un médecin m’examine sur le côté. La fin du match est sifflé, 1-1.
Mon rythme cardiaque ne baisse toujours pas après la fin du match, mais le rythme est régulier aux alentours de 100 battements/minutes, rien de bien violent. Je suis surveillé jusqu’à 30min après la fin du match, je suis surpris par tout le soutien que m’apporter mes coéquipiers, ce soutien me fait du bien. Au bout du 15min, mon rythme cardiaque descend enfin, je reviens dans des standards. Je sais que cette petite crise d’angoisse a été déclenché suite au choc, aux efforts et à l’émotion du match, mais le médecin préfère que j’aille à nouveau consulter la semaine d’après un cardiologue suite à mes antécédents. Nous quittons Avranches dès le lendemain avec un calme retrouvé.
Semaine 7 : Une semaine de tous les états….
Le lundi matin est arrivé et nous reprenons l’entraînement par un footing en forêt pour remettre les jambes en route après ce long déplacement. Le coach décide de ne pas pousser le corps pour ma part pour me préserver suite à l’événement du week-end, je vais quand même aller consulter un cardiologue du club. J’apprends dans la journée, que le coach adverse Damien Ott m’a désigné homme du match.

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Pour la première titularisation, quelle titularisation. Entre les événements au cours du match, et cette distinction, je ne m’attendais pas à une première aussi mouvementée. Je suis quand même flatté par cette distinction, mais il faut se remettre au boulot. Le mardi matin est consacré à une grosse séance de duel 1vs1.
L’après midi de repos est arrivé, et j’en profite pour consulter le cardiologue du club, je lui montre mon dossier complet avec les examens effectués il y a 2 ans et lui parle de mon souci du week-end. Il m’effectue un électrocardiogramme, il ne s’alarme pas, ce très petit malaise n’est pas dramatique vu les circonstances. Je repars pour continuer à garder ma place pour la venue de Bastia. Nous décidons le mercredi après midi d’aller au Foot locker avec Elyne, ma petite amie, pour se changer les idées. Je reçois un appel d’un numéro que je ne connais pas, je ne comprends pas cet appel. Je décroche, et je suis stupéfait par les mots de la personne derrière le combiné. Cette personne est le cardiologue en chef de l’hôpital Albert Schweitzer à Colmar. Il me confie, qu’après une réunion intervenue le matin, je vais devoir repasser une IRM de contrôle puisque des points flous subsistent dans mon dossier d’il y a 2 ans. Il est surpris que je continue encore le sport et me stipule que je vais devoir faire l’impasse sur le match de Bastia du week end. Je suis abasourdi, cette histoire ne va pas continuer à hanter mes jours comme il y a 2 ans. L’IRM est prévu le vendredi matin 9h30. Bien évidemment, je dois arrêter de m’entraîner jusqu’à cet examen. Les partenaires et le staff me montre beaucoup de soutien et sont sensibles à mon problème, j’en suis heureux.
Le vendredi matin est là, ma mère ainsi que ma compagne m’accompagne à cet examen. Je suis perdu et dans le doute, avant l’examen le cardiologue nous parle pour nous expliquer que je devrais sûrement effectué des examens poussés au centre de cardiologie à Rennes. J’ai l’impression d’être en bonne santé, mais le cardiologue en doute, il veut avoir des preuves lors de l’IRM. Ce cauchemar reprend son cours, un examen d’une heure dans une cabine, à réaliser 10 secondes d’apnée toutes les 20 secondes. L’examen se termine à 10h30, les résultats vont apparaître et la conclusion va tomber. 1H d’attente, toujours pas de réponse, 1h30 d’attente, toujours dans l’incertitude.
12H26, un cardiologue sort pour nous parler en privée. Les résultats de l’IRM sont bons et je peux reprendre le football , le cours de ma vie. Un cardiologue tellement dubitatif avant l’examen et tellement zen après l’examen, ce contraste est perturbant. Je suis heureux d’apprendre cette nouvelle, j’appelle mon coach pour l’en informer, il est heureux pour moi que je puisse continuer ma passion, mon métier. Il souhaite me préserver pour ce week-end après toutes ces émotions des jours précédents. Je comprends la décision.
1H après en cuisinant, je reçois un nouvel appel de sa part pour me signifier qu’il avait changé d’avis et que j’allais intégré les 16 joueurs convoqués, bien évidemment je ne suis pas en état psychologiquement de démarrer cette rencontre, mais sûrement de renter quelques minutes.
Pour le match, nous effectuons notre pire sortie de la saison face à la lanterne rouge Bastia, nous sommes complètement hors sujet. J’entre à 10 minutes de la fin à 0-1. Nous encaissons encore un but en fin de match. Une défaite 2-0. Je suis déçu de la défaite, mais heureux surtout de continuer ce sport.
Semaine 8 : Le derby !!
Une semaine particulière avec le derby. Strasbourg nous attend au menu. Un stade comble est déjà attendu pour cette fête du football alsacien. La semaine est spéciale avec la présences des caméras et médias à chaque entraînement. Nous sentons que la tension monte avant ce match important pour tout le monde. Tous les joueurs souhaitent jouer ce match. Les entraînements du mardi et mercredi donnent quelques précisions sur l’équipe du vendredi, je figure dans les titulaires.
Après l’épisode funeste du dernier week-end, quelle belle récompense de pouvoir jouer devant 26000 personnes la semaine d’après. Nous décortiquons les individualités de l’adversaire et le coach est très pointilleux, je me prépare à démarrer face à un client, DOUNIAMA, un très petit gabarit qui jouait encore en Ligue 1 l’an dernier.
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La composition tombe le vendredi matin, je vais débuter ce match, quel bonheur que de pouvoir défendre les couleurs du SRC devant autant de monde. La tension monte énormément avant ce match. Nous voyons que ce match est spécial pour tout le monde. Nous arrivons au stade et les tribunes sont déjà bien garnies. Ce n’est rien par rapport à l’entrée des joueurs pour l’échauffement, nous sommes conspués pour les supporter strasbourgeois. Je n’ai jamais joué dans ce contexte là, mais aucune pression, que du bonheur, nous nous entraînons toute l’année pour jouer ce genre de match. Cette fête sera un moment unique et inoubliable. Je ne reviens sur le match vu entier sur ma chaine sport et Alsace 20, mais nous perdons 1-0. Nous avons réaliser un très bon match et tous les supporter sont fiers de nous d’avoir fait trembler le RCSA dans son stade devant autant de monde, la défaite est cruel.
Pour ma part, je reçois pléthore de message après le match de personnes ayant suivi le match, je suis félicite par tout le monde de mon match, il est vrai que je ne me sentais pas capable de sortir ce genre de match dans ce contexte, mais quel bonheur. Je suis heureux d’avoir pour jouer ce match et enchaîner une 2ème titularisation. Des éloges de Raymond Domenech à mon sujet son fait, c’est gratifiant. Nous avons obtenu 2 jours de repos, une première depuis le 27 juin, pour recharger les batteries, les étoiles pleins les yeux.
Semaine 9 : Une mauvaise période…
Il faut se remettre au travail après une 2ème défaite d’affilée et 2 jours de repos. Nous nous devons de commencer à prendre des points, nous ne pouvons pas nous satisfaire de notre état actuel. La semaine de travail est gérée de façon à ce que tous les joueurs aient du jus pour le vendredi, match contre le Leader inattendu, Belfort.
Nous travaillons dur Lundi et Mardi. Mercredi, H-48 est consacré à un travail technique sans demande physique. La semaine passe à une vitesse, nous sommes déjà le jeudi. Vu le match réalisé à la Meinau par notre équipe, les 11 joueurs titulaires ne changent pas énormément excepté Sapina ( forfait suite à une déchirure lors du derby). Un seul changement apparaît dans l’équipe, et j’effectue ma 3ème titularisation. La première fois que je vais enchaîner 2 titularisations d’affilées, il faut que les jambes répondent présents.
Ce match peut déclencher un déclic dans notre équipe, où le jeu est plaisant mais l’efficacité trop absente. Le match ne démarre pas de la meilleure des manières puisque nous sommes déjà menés 1-0 à la 10ème minute. Le match sera à l’image de notre saison, une pléthore d’occasions avec une inefficacité, et surtout un adversaire qui profite de ces 2 seules occasions pour marquer.
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Score final 0-2, une 3ème défaite d’affilées, le public nous siffle, nous comprenons, nous sommes en mauvaises postures, nous ne pouvons pas continuer comme cela, il faut que l’on réagisse.
L’entraînement du samedi matin est compliqué dans les têtes, et le coach nous remonte les bretelles, il faut qu’on se réveille. La semaine suivante est une semaine de Coupe de France, elle doit nous permettre de nous remettre sur les bons rails. Un début de semaine commandos nous attend avec des entraînements doublés lundi et mardi, et le coach nous prévient déjà que ce sera très très dur, nous partons en week-end la tête et les jambes à l’envers.
J’apprends le samedi après midi, que j’obtiens ma 2ème étoile foot national en étant désigné homme du match une seconde fois par le coach de Belfort. 3 titularisations et déjà 2 étoiles, je ne m’attendais pas à de tel début. Mais le travail doit reprendre son cours, et ne jamais se contenter de ses acquis. Les semaines se suivent et se ressemblent…
12092621_10153654868189938_1724220492_nTexte: Jordan Gasser

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